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 PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk

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MessageSujet: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 15:15



Paradis McLeod
I heard there was a secret chord that David played and it pleased the Lord, but you don't really care for music, do you ? Well it goes like this the fourth, the fifth, the minor fall and the major lift, the baffled king composing hallelujah...



PARADIS


MCLEOD

feat. dasha sidorchuk
Nom de famille et prénom; McLeod, la fière, la puissante, l’une des familles les plus révérées d'Écosse. Les McLeod, ils ont gagné la guerre, ils sont gagné l'indépendance, ils ont servi Wallace et Bruce et maintenant c'est leur nom qu'on auréole de gloire. Paradis, c'est l'amour fou d'un Highlander pour une petite française, un amour si fort que le fruit de leur union ne pouvait que porter ce nom. Âge; Vingt-quatre ans, l'âge auquel on grandit, souvent contraint et forcé - Paradis aurait aimé pouvoir attendre jusque là avant de grandir pour de vrai. Date et lieu de naissance; 05.11.1992,  sur l'île de Skye, là où tant de McLeod sont nés. Ses oncles ont chanté leur fierté à la lune quand elle a poussé son premier cri et elle-même a chanté, jour pour jour quinze ans plus tard, quand son neveu est né à son tour. Nationalité et origine(s); Romantique comme sa française de mère, Paradis est cependant une écossaise jusqu'au bout des ongles, et de la langue sur laquelle son accent roucoule, promesse inconsciente de luxure et d'amour. Les amours; Il y a eu Samuel, Samuel qu'elle n'oubliera jamais, qui éveillait si bien son corps du bout des doigts et qui lui faisait ressentir la merveilleuse harmonie d'un amour vrai. Il y a eu Bruce, avant Samuel, Bruce qui a brisé son coeur, Bruce qui criait, Bruce qui a même frappé, une fois, ou plus, elle ne se souvient pas, pas bien. Maintenant, il y a cet homme avec qui elle échange depuis plusieurs mois, ils ne se sont jamais vus, même pas en photo, mais sa voix chasse les cauchemars et donne envie de plus. Paradis elle aime les hommes surtout, mais les femmes aussi parfois, pour une nuit brûlante, un petit-déjeuner à moitié nues le matin, mais ça ne dure pas, jamais. La famille; Son père, avant, il était grand comme un ours et il en avait le rire explosif. Maintenant, il a maigri et même rapetissé à force de se voûter sur les lambeaux de son amour avec Rose, la mère de Paradis, décédée dans un accident de voiture. Il y a Aengus son oncle resté en Écosse qui a essayé de réparer des choses trop cassées et qui regarde sa famille se faire démembrer. Il y a Lachlain, son oncle qui est parti en France. Lachlain, il était un peu amoureux de Rose aussi, alors il veille sur la fille de Rose, et puis, il l'aime bien, la petite Paradis, elle a ce quelque chose qui le touche parfois trop fort, quand elle ressemble trop à sa mère. Et puis il y a Uilleam aussi, le fils de Lachlain, le cousin tatoueur qui rêve de déposer son encre sur la peau parsemée de taches de rousseur, qui frappe les mufles qui s'approchent trop près, qui donne des gorgées de whisky et qui écrit des poèmes amoureux quand il croit qu'on ne peut pas les lire. Les amis; Paradis, elle est un peu étrange, à ce niveau là. Elle ne se rend pas vraiment compte du fait que les gens s'attachent à elle. Elle sait qu'elle a quelques amis, mais parmi les gens qu'elle fréquente, à part une ou deux exceptions, elle serait incapable de les nommer, parce qu'elle ne sait pas qui l'aime assez pour la voir comme une amie. C'est toujours une question d'amour. Les emmerdes; Elle a de la chance, Paradis. Sa mère a veillé à ce qu'elle ne soit pas dans le besoin. Tout son capital est allé sur un compte à son nom qui s'est débloqué quand elle a eu dix-huit ans. Et puis il y a son oncle Lachlain aussi, qui lui donne de l'argent tous les mois. Et ses revenus grâce à Internet, entre ses chaînes Youtube, sa chaîne Twitch ouverte aux abonnements et aux dons, et son blog. Non, clairement, Paradis ne manque pas d'argent, c'est même plutôt le contraire. Mais sa famille a toujours été riche, après tout, des deux côtés, alors à quoi pouvait-on s'attendre d'autre ? Et sinon, Paris c'est quoi pour toi ? Paris, c'est la ville où a grandi la mère de Paradis. Parfois, au détour d'une rue, elle a l'impression de voir son ombre, mais ce n'est qu'un reflet du soleil sur les pavés encore humides de la veille. Paris, c'est la ville lumière, la ville qui pétille comme des bulles de champagne, et elle en a le goût un brin amer mais rond en bouche, Paris c'est la ville des entraves et des libertés. D'ailleurs, pourquoi t'y vas ? Paradis, ça fait un an et demi maintenant qu'elle vit à Paris. Au début, c'était un peu bizarre, elle vivait chez son oncle, elle n'avait pas ses marques. Puis il lui a trouvé cette petite ferme rénovée avec un grand jardin derrière, pas trop loin de son élevage de chiens-loups, et elle est une nouvelle fois tombée amoureuse. Sa maison est parfaite, à la fois ancienne et moderne, et puis y'a la fibre merde. Paradis ne s'imagine pas ailleurs qu'intramuros, elle a trop besoin de Paris, d'errer dans les rues sans fin et de chanter sur les scènes ouvertes sous une pluie de fleurs et de piécettes. Groupe; Uber.   

Elle ouvre les yeux. Du haut de ses cinq ans, dans sa jolie robe bleu foncé avec un ruban noir, avec ses longs cheveux roux foncé et ses taches de rousseur sur le visage, la nuque, les épaules et même les omoplates, elle est belle, et son sourire polisson fait faillir bien des coeurs au sein de la famille. Avec les autres enfants, elle babille joyeusement, elle court, elle joue, toujours en restant bien à l'ombre pour ne pas avoir de coup de soleil. Et parmi les enfants, il y a son amoureux, Uilleam, pas son cousin, non, Uilleam McGrath. Il lui fait des bisous sur le nez et lui offre des fleurs. Ses mains déjà bien usées par l'amour du grand air et par les travaux à la ferme qu'il insiste pour accomplir. Pour son anniversaire, Uilleam lui a offert un petite sculpture en bois qu'il a faite lui même, un chat qui s'étire au soleil. Il l'a même peinte pour qu'elle ressemble à un siamois, c'est ce que préfère Paradis.

Elle rit quand il la prend dans ses bras et la soulève un peu. Plus tard, ils se marieront, ils le savent, ils se le sont promis et ils ont même déjà un peu parlé de leurs futurs bébés. Ils ont fait semblant avec des poupées. Uilleam est très doué avec les poupées et il a promis à Paradis qu'il lui donnerait l'enfant qu'elle veut tant avoir, même si c'est encore avec la naïveté d'une enfant.

Aujourd'hui, cousine Catriona se marie. Elle a vingt-huit ans et c'est déjà son troisième mariage, mais ça, les enfants ne savent pas. Ils ne se souviennent pas et les plus grands se gardent bien d'expliquer. Paradis est trop jeune pour savoir que cousine Catriona a une grave maladie et que ses maris, qui pensaient pouvoir gérer, se sont tous enfuis. Alors elle sourit quand elle monte sur l'estrade et qu'elle chante en gaélique pour porter chance au couple de la mariée.

Pour elle, l'amour rime avec toujours, et son amour, c'est Uilleam.


Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Paradis. Elle a neuf ans et elle souffle toutes ses bougies d'un seul coup. À six ans, elle a reçu un micro, à sept ans, une guitare, à huit, un piano, et cette année, pour ses neuf ans, elle sait ce qu'elle va avoir, sa maman a promis. Elle en joue déjà régulièrement à l'académie de musique, mais ce n'est pas pareil que d'avoir la sienne, rien qu'à soi. Elle saute de joie quand son papa lui permet d'aller dans le salon ouvrir ses cadeaux.

Elle trône au milieu du tapis, à la place de la table basse. Elle est très grande, plus que Paradis, et elle l'impressionne déjà alors que le papier cadeau n'est même pas encore déchiré. Doucement, elle le fait, bande par bande, procédant à l'aveugle pour garder la surprise jusqu'au bout. C'est la voix chaude et très marquée par l'accent de Uilleam qui la guide. Et en même temps il l'encourage, il lui dit comme elle est douée et merveilleuse. Cela fait cinq ans qu'il est son amoureux et il ne l'a toujours pas embrassée, même si lui est de trois ans son aîné et qu'elle sait que ça l'intéresse, qu'il est curieux. Il dit qu'il veut garder ça pour quand elle sera prête. Vraiment prête.

Le dernier morceau de papier tombe à ses pieds et elle rouvre les yeux. Sa main qui tremble d'émotion caresse le bois, lentement - elle peut presqu'en sentir les fibres. C'est un beau bois sombre et quand elle fait teinter une corde, son oreille absolue reconnaît qu'elle est accordée à la perfection. Elle pleure de joie. Toute sa famille, et les McGrath, et les Fraser, et les McSorley applaudissent. Ils sont si nombreux que certains sont dans le jardin et regardent par la porte-fenêtre. Ils doivent avoir froid.

Le silence se fait et on lui apporte une chaise, une chaise de grand, pour qu'elle soit à la bonne hauteur. On ne lui demande pas. Elle sait. Et elle chante. Elle chante de tout son coeur d'enfant qui aime et qui vit, elle chante pour tous ceux qui sont venus et ceux qui n'ont pas pu.


Paradis vient d'avoir douze ans. L'école, c'est difficile parce que tout lui paraît facile, même alors qu'elle a la chance d'être dans le privé. Elle s'est rendue compte il y a peu que sa famille est très riche, pas comme les McGrath qui n'ont pas eu de chance ces cent dernières années et qui ont perdu tout ce qu'ils avaient gagné après les grandes guerres d'indépendance. Paradis adore l'histoire, surtout celle de son pays et des familles qu'elle connaît bien. Elle aime qu'on l'appelle Lass Paradis et qu'on lui fasse le baisemain. Uilleam aime aussi. Hier soir, il l'a embrassée. Elle lisait un livre sur son lit, il travaillait sur le bureau. Il s'est arrêté de travailler et l'a regardée si longtemps qu'elle a fini par se rendre compte que le stylo ne grattait plus sur le papier. Quand elle a redressé la tête, il était là, tout près, et il a posé sa main un peu calleuse sur sa joue. Et après, il a été tout doux, tout tendre, comme quand il la serre dans ses bras. Ca a duré juste une petite seconde la première fois et Paradis a souri, elle a voulu recommencer. Ils ont recommencé. Parfois, il caressait ses lèvres avec sa langue et ça la faisait frissonner, mais comme elle ne comprenait pas pourquoi, il ne l'a pas fait beaucoup.

Une bousculade brutale la sort de sa rêverie. « Tu fais chier, McLeod ! » Elle ne comprend pas. C'est un garçon de dernière année, pas loin d'être un homme, et elle, elle est toute petite. Il la prend par l'épaule et la pousse contre les casiers. Elle a mal, le bruit métallique tinte dans ses oreilles, elle secoue un peu la tête et essaye de se dégager. « Tu te crois tout permis, pas vrai, McLeod ? Vous les nobles, vous pensez toujours que vous avez tous les droits ! » Elle ne comprend toujours pas, elle ne le connaît pas, elle ne sait pas ce qu'elle lui a fait de mal. Il la lâche quand elle éclate en sanglots paniqués, et elle s'enfuit vers l'infirmerie, l'épaule déjà marquée de bleus là où il a serré et cogné.

Elle ne comprend pas.


Ce jour-là, Paradis attend sa maman avec beaucoup d'impatience. Maman lui a promis d'aller promener le chien ensemble ce soir. Elle travaille beaucoup, maman. Elle est neurochirurgienne. Paradis a vraiment compris ce que c'était quand elle a commencé le cours de biologie avec le chapitre sur le cerveau. C'est très intéressant mais elle préfère la musique.

Maman n'arrive pas, et il fait de plus en plus froid, de plus en plus noir. Paradis tremble dans son uniforme - ce n'est pas encore celui d'hiver - qu'elle a gardé sur le dos puisqu'elle devaient ressortir. Il est vingt-deux heures et maman était censée rentrer à dix-sept heures. Elle est toujours très ponctuelle quand elle promet, ou alors elle appelle si c'est une urgence au bloc et que personne ne peut prendre sa place. Elle n'a pas appelé.

Elle est encore dans le salon quand on sonne à la porte, alors que papa dort. Du coup, c'est elle qui ouvre. Maman n'aurait pas sonné, sans doute un touriste perdu, la maison est loin de tout et Skye, c'est grand. Mais c'est l'uniforme d'un policier. Il a l'air... Défait. Il commence à parler mais Paradis n'entend pas, ses oreilles bourdonnent comme si elle écoutait un coquillage. Et puis ses jambes cèdent. Elle entend un cri, elle entend le désespoir, le refus absolu, l'incompréhension et le coeur qui se fend.

Elle ne se rend compte que lorsqu'il s'éteint que c'est elle qui a crié.


Il est grand et il est fort. Et amer. Elle le voit à son visage. Uilleam s'est énormément endurci au fil des années. Tout en lui s'est assombri, même ses cheveux et ses yeux. Il ne rit plus et ne lui dit plus des mots d'amour. Mais ce jour-là, Paradis ne s'en soucie pas. Les questions viendront plus tard. Parce qu'elle a quelque chose de fabuleux à lui annoncer, quelque chose dont elle est vraiment très, très fière. Elle l'attire dans un coin discret de la cour de l'école, parce qu'elle n'aime pas parler de ça devant tout le monde, et elle raconte. Elle raconte que ça fait un an qu'elle a une chaîne Youtube, et que ce mois-ci, elle a gagné de quoi en vivre, pour la première fois, officiellement, grâce aux revenus publicitaires et au financement participatif.

Elle s'attend à ce qu'il soit fier d'elle. À ce qu'il la félicite. Mais il carre les épaules, il prend tout l'espace autour d'elle et ça la met mal à l'aise, parce qu'elle sait qu'il ne fait ça que quand il n'est pas content. Elle recule, se presse contre le mur, s'efface, se soumet, il grignote toute la place qu'elle a pour elle. « Comment tu peux dire ça alors qu'il y en a qui galèrent pour manger tous les soirs ? T'as déjà tout, pourquoi il te faut encore plus ? Vous les nobles, vous pensez toujours que vous avez tous les droits ! »

Cette phrase blessante, elle l'avait déjà entendue, et ça faisait encore plus mal dans la bouche de Uilleam qui lui avait juré un amour éternel. Mais il n'avait pas été là quand la mère de Paradis était morte. En vérité, il n'est plus là depuis longtemps, et elle le comprend seulement maintenant. Une larme coule sur sa joue et elle la laisse là. Elle pleure, mais elle pleure la tête haute, son petit menton pointu relevé dans une posture digne et fière. En quelques mots assassins, pleins du fiel de son coeur brisé, elle lui signifie la fin de leur relation. Soudain douché, il tente de la retenir, il minaude, il supplie, mais elle le plante là. Elle a assez souffert.


C'est très intimidant, cette grande salle noire de monde. Beaucoup de gens viennent à Londres pour voir le spectacle des examens d'entrée du Conservatoire. Elle a quitté Uilleam il y a presqu'un un, alors elle a le droit d'être là, pas vrai ? Même s'il n'était pas content quand elle parlait de ça. Ils étaient encore ensemble quand ce rêve s'est formé dans la tête de Paradis, et quand elle lui en a parlé, il l'a giflée, fort. Ce n'était pas la première fois, et ce ne serait pas la dernière. Après, il s'excusait, il la chouchoutait, alors elle pardonnait. Elle se rend compte aujourd'hui à quel point elle a été aveugle.

Elle secoue la tête et n'y pense plus. Aujourd'hui est un grand jour. Elle est nerveuse, comme toujours avant de monter sur scène. Elle regarde le garçon qui passe avant elle terminer son monologue sous les applaudissements du public. Il s'en va et on annonce son nom, alors elle vient sur scène. Au dernier rang, il y a les professeurs qui jugent l'examen. L'un d'eux se détache du lot. Il est très grand, avec des yeux troublants, très clairs, même si elle est trop loin pour en voir la couleur exacte. Il s'est redressé quand elle s'est mise en place, quittant sa posture ennuyée.

Les lumières se baissent quand elle pose sa main sur la harpe. Lentement, elle joue les premières notes mélancoliques de la Bohème, et commence à chanter. Sa voix s'élève très haut, et retombe avec des vibrations sauvages. Quand elle termine, le silence est parfait, sauf chez les professeurs qui échangent quelques murmures. Elle connait ça. À chaque fois qu'elle monte sur scène, c'est comme ça, il lui suffit de chanter un peu pour que le silence se fasse. Elle change de registre avec Still Loving You, et de nouveau, ce sont les mêmes réactions. Elle a droit à une troisième chanson, ce sera Hallelujah.

Plus tard, alors qu'elle se désaltère près de la bibliothèque du Conservatoire, le professeur qu'elle avait remarqué plus tôt s'approche d'elle. Il est vraiment très grand. Tout le monde paraît grand au mètre cinquante de Paradis, mais lui encore plus. Il lui sourit, et son sourire touche ses yeux clairs. Bleus peut-être. Ou gris. Difficile à dire dans ce clair-obscur. « Je ne devrais pas te l'annoncer avant que les délibérations soient finies, mais j'ai décidé de faire une entorse au règlement. Tu as une voix exceptionnelle. Évidemment, tu as réussi ton examen. Tous les professeurs ont été extrêmement touchés par ta performance, et j'ai vu plus d'un mouchoir fleurir dans le public. » Elle a souri, Paradis, heureuse d'avoir réussi mais intimidée par l'aura d'assurance tranquille du professeur. Comme s'il comprenait, il a plié sa longue silhouette et s'est assis, à même le sol, toujours souriant. « Je m'appelle Samuel Beaumont, mais les élèves m'appellent juste Samuel, en général. J'enseigne l'histoire du théâtre, alors tu ne seras pas dans ma classe, mais je voulais quand même discuter avec toi. » Cette fois, le sourire de Paradis a été sincère. Elle s'est assise à côté de lui et a commencé à parler et à écouter.


« Je t'aime, Paradis. » Il a l'air tourmenté, Samuel. Ses cheveux déjà sauvages sont encore plus décoiffés à force de passer la main dedans. Paradis sourit, calmement. Elle aussi, elle l'aime, un amour doux et réconfortant qui n'a pas le poids de celui qu'elle avait ressenti pour Bruce. Ils sont ensemble à la terrasse d'un café, protégés du soleil tardif d'octobre par un parasol. Elle pose sa main sur la sienne, lui demande s'il est sûr d'être prêt pour ça, pour le secret, les rendez-vous furtifs, les baisers volés sans jamais vraiment s'assumer. Il promet. Il parle avec l'emphase romantique d'un homme de lettres. Elle peut voir la tendresse dans son regard, et ça la fascine.

Alors, après avoir vérifié qu'il n'y avait personne du Conservatoire autour d'eux, elle se penche par-dessus la petite table ronde et l'embrasse. C'est chaud, c'est doux et il serre sa main comme si c'était le trésor le plus précieux du monde. Quand le baiser s'arrête, il garde son visage tout près du sien, il embrasse ses joues, son front, son nez, lui dit comme elle est belle et comme il est heureux. Elle aussi, elle est heureuse.


Paradis est en train de décompresser avant les examens d'hiver. C'est sa dernière année avant le diplôme, elle est sereine, mais un bon whisky écossais, ça fait toujours du bien, et il y a ce bar sympathique pas trop loin de chez elle, alors elle y passe un moment agréable. Quand elle part, elle n'est pas ivre, juste d'humeur légère. Elle va retrouver Samuel, ce soir, ils vont passer une nuit délicieuse dans son appartement, puis elle partira tôt pour aller chercher ses affaires pour son premier examen. C'est un bon programme.

Elle est prise au dépourvue quand une main rude l'attrape à l'épaule. La douleur envahit son dos quand il heurte le mur, en même temps que le dégoût prend l'ascendant sur le reste de son corps. Il pue l'alcool et la saleté. elle fronce le nez et lutte pour mettre de l'espace entre eux, mais il se presse contre elle, il met ses mains partout, elle serre les lèvres pour ne pas vomir. « T'es bonne toi. Laisse-toi faire, tu vas aimer. » Elle refuse d'une voix sèche, sans cesser de se débattre, quand il resserre sa prise elle tente de frapper à la gorge mais ne parvient qu'à le griffer, et il gronde, enragé. Une douleur violente explose dans tout le côté droit de son visage, le sang coule à torrents, envahit sa bouche et elle tombe, agitée de frissons glacés, elle ferme les yeux en croyant mourir.

Elle se réveille dans la chambre aseptisée d'un hôpital. Seule. Elle a tellement froid que ses mains et ses pieds lui font mal. Une infirmière entre. Elle a l'air d'avoir trop fait ce travail pour avoir gardé son empathie, et quand elle commence à parler, ça se confirme. Ses mots sont froids, cruels. Défigurée. Peut-être stérile. C'est vrai qu'elle a mal, en bas. ses sourcils se froncent, ses muscles se tendent, elle veut hurler sa haine et son dégoût. Et soudain, avant même d'avoir ouvert la bouche, elle s'effondre, sans force, et l'obscurité se fait à nouveau.


L'île de Skye sent bon les embruns et la nature. L'air y est plus pur qu'à Londres. Paradis est assise dans le salon, chez son oncle Aengus, elle regarde le jardin. Depuis... Combien de temps ? Trois heures au moins. Peut-être quatre. La ligne rose à l'horizon a viré au bleu sombre. Ici, on voit les étoiles, beaucoup d'étoiles, et elles brillent fort.

Elle pense à Samuel. Il lui manque cruellement. Elle ne lui a même pas dit au revoir. Elle a perdu son téléphone dans l'agression mais elle sait qu'il a essayé de l'appeler, c'est obligé. Elle lui a laissé un message, c'est tout, sur un réseau social, et il a respecté sa demande de ne pas la recontacter. Il lui manque tellement... Mais elle ne pourrait pas faire face. Elle touche son visage. Les cicatrices tirent encore. Elle se sent laide, terriblement laide, affreuse, horrible, elle hait ces cicatrices, elle les cache sous ses cheveux pour ne pas les voir, mais le matin, devant le miroir, elle se hait, elle se détruirait si elle en avait la force.

Elle se lève lentement et regarde son ordinateur ouvert sur sa page Facebook. Un message de son autre oncle, Lachlain. Il lui propose de venir chez lui et Uilleam, en France, à Paris. Le souvenir de sa mère lui revient de plein fouet. C'était là qu'elle vivait avant de rencontrer le père de Paradis. Est-ce que ce serait doux de marcher sur ses traces, dans les rues dont elle a elle-même foulé le pavé ? Est-ce que ce serait bon ? Elle songe. Elle étouffe ici, avec son père qui cuve à l'étage et Aengus qui tente de recoller les pots cassés. Faisant taire ses craintes, elle s'assied devant l'ordinateur et répond à son oncle qu'elle viendra, qu'elle a besoin qu'il vienne la chercher au port sur la côte -elle préfère prendre le ferry qu'un bus trop petit. Il accepte.

Une semaine plus tard, elle pose pour la première fois le pied en France.


Paris, c'est beau, et puis le troisième arrondissement, c'est tranquille. Paradis vit dans la maison de son oncle. Il a un grand terrain pour son élevage de chiens-loups, l'un des deux meilleurs de France et le seul de Paris. Elle aime bien s'occuper des bébés avec lui, et des plus grands qui ont confiance en elle. Elle n'oublie jamais que ce sont des loups avant d'être des chiens, elle est prudente. Elle nourrit même au biberon un bébé rejeté par sa mère, toutes les deux heures depuis dix jours, y compris la nuit. C'est comme si elle avait un enfant. Parfois, elle passe la main sur son ventre. Elle n'a toujours pas passé l'examen qui dira si elle est stérile ou non. Elle ne se souvient pas de ce que lui a fait l'homme à cet endroit pour faire de tels dégâts, mais parfois, dans ses cauchemars, des flashes reviennent.

Paradis s'entend merveilleusement bien avec Uilleam, son cousin cette fois. Il lui parle souvent du tatouage qu'il aimerait lui faire, un lion écossais enroulé autour de sa cuisse. Ce serait long, compliqué, mais elle sait qu'il connaît son affaire, que ce serait beau. Ils passent des heures à parler d'art. S'ils le pouvaient, ils feraient quelque chose ensemble. Uilleam a toujours voulu illustrer un conte. Elle pourrait adapter l'un de ceux de leur enfance en chanson, peut-être. Elle garde cette idée dans un coin de sa tête.

« J'ai une merveilleuse nouvelle, mo chridhe. » Elle sourit au petit nom affectueux. Mon coeur. Si elle savait quels sentiments il a entretenus pour sa mère, elle serait peut-être mal à l'aise, mais elle n'y voit que la tendre affection d'un homme qui a peu à peu pris la place de son père dans son esprit. Ca va bientôt faire un an qu'elle vit chez lui et elle songe de plus en plus à voler de ses propres ailes. « Je t'ai trouvé la maison parfaite ! Et ce n'est pas trop loin d'ici. Ca te plairait de venir la visiter ? » Elle sourit et se lève, le chiot toujours dans ses bras. Il vient de finir de boire, mais bientôt il lui en faudra davantage. Elle suit son oncle, et Uilleam qui leur a emboîté le pas, jusqu'à la voiture, un vieux 4x4 indestructible. Elle se sent en sécurité à l'intérieur. Mais si elle se cantonne à la sécurité, elle va finir par ne plus vivre.


Paradis sourit et rougit comme une adolescente en pâmoison devant son téléphone. C'est son crush d'internet, il lui a envoyé un long mail et elle n'avait pas la patience d'allumer l'ordinateur pour le lire. Et là, ses mots... « tu es merveilleuse » « Je n'aurais jamais cru pouvoir rencontrer une personne comme toi » « J'ai très envie de te rencontrer mais ça m'effraie, parce que je ne veux pas perdre ce qu'on a ». Elle aussi, elle voudrait le rencontrer. Elle commence déjà à réfléchir à sa réponse et se lève, s'étirant lentement.

Cela fait six mois qu'elle vit ici, et six mois qu'elle a fait la connaissance de son crush. Elle ne lui a pas révélé son identité sur internet - le pseudonyme de Ginger Bird est de plus en plus connu - parce qu'elle ne veut pas qu'il voie son visage. Elle n'a pas oublié la façon de ses cicatrices la défigurent. Et elle a toujours peur, dehors, elle se sent tellement vulnérable quand elle parvient à sortir. Mais c'est tellement tentant... La vie lui manque. Elle soupire et, tout en allant se préparer un petit-déjeuner, elle se promet d'y songer.

Prenom/Pseudo HJ; .nyx Âge; 19 ans Localisation; Belgique   Fréquence de connexion; 4/7+notifs, sauf absences Type de personnage; Inventé Où as tu trouvé le forum ? Sur Bazzart Une cass-dédi ?  SAD  SORRY   



Dernière édition par Paradis McLeod le Jeu 29 Déc - 23:39, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 15:16

bienvenue parmi nous J'AIME !

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Jeunesse perdue
alors on s'serre les coudes ⊹ Un jour j'ai rencontré Héra et depuis je vous emmerde ; Je suis rentré dans vos routines, parti en courant d'air. Maintenant je vais boire tout le voyage jusqu'au bout de la nuit, effacer les mirages, apprécier le goût de la vie.
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 15:16

Merci ! KEUR SUR TOI
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 15:24

ayaaa, t'es belle CUTE
bienvenue sur le fofo & bon courage pour ta fichou KEUR SUR TOI

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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 15:27

Bienvenue sur le forum ! KEUR SUR TOI
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 15:28

Merci vous deux !
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 16:35

jolie dasha
bienvenue

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#TEAMJOSEVAN
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 16:35

Merci ! ♥
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 18:29

bonjour
qui es-tu ?
lol
bienvenue allez LOVE
t'es belle comme tout
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 18:31

dasha et ses tâches de rousseur SAD
bienvenue LOVE
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 18:34

Merci à vous deux ♥
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 19:16

Bienvenue sur Paname, en espérant que tu puisse renouer avec le rpg KEUR SUR TOI KEUR SUR TOI
Bon courage pour ta fiche et n'hésite pas si besoin J'AIME !

_________________
Quand tu dira que c'est ma faute,
que je n'ai jamais su t'aimer.
Au diable toi et tes apôtres
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 19:17

Merci ♥
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Jeu 29 Déc - 22:32

Mon petit Paradis J'AIME ! SEX
Hâte que tu sois validée pour te traumatiser ROBERT NIARK LOVE

_________________
personne t'aimes.
T'as beau faire genre et te peindre de sourire, mais tard le soir, c'est toujours dur de mentir.
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MessageSujet: Re: PARADIS MCLEOD ▸ Dasha Sidorchuk   Ven 30 Déc - 12:44



Validé(e) !
Bienvenue à Paris !

Quel plume, quel histoire LOVE
Félicitations ! Tu viens de te faire valider et dès à présent, tu vas pouvoir te lancer dans le grand bain et devenir un vrai parisien ! Pour devenir un parfait newbie, pense à remplir ton profil et surtout à t'inscrire dans nos divers listings, ça t'aidera à trouver des liens !
Une fois tout ceci fait, tu n'auras plus qu'à trouver une vie sociale à ton personnage grâce à la fiche de liens et les divers réseaux sociaux ! Pour finir, on te conseille quand même d'aller jeter un petit coup d'oeil à la banque des points.

Et maintenant ? Amuse-toi et rejoins nous sur la Chatbox si le coeur t'en dit ! LOVE

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